Franchement, il n'a pas pris une ride malgré ses quarante ans passés. Ce qui frappe encore aujourd'hui, c'est cette ambiance étouffante à bord du Nostromo. On n'est pas dans une version clinquante du futur, mais dans un cargo spatial usé, sombre et industriel, ce qui rend l'immersion immédiate.
La montée en tension est un modèle du genre : le film prend le temps d'installer ses personnages avant que le cauchemar ne commence. Le design de la créature reste l'un des plus marquants du cinéma, jouant habilement sur ce qu'on ne voit pas pour nourrir la peur. L'idée d'un ennemi presque invisible qui rôde dans les conduits de ventilation crée une paranoïa constante qui fonctionne toujours aussi bien.
Côté casting, l'interprétation est très juste, avec une mention spéciale pour le personnage de Ripley qui s'impose naturellement sans en faire trop. On sent vraiment l'épuisement et la terreur de l'équipage face à une menace qu'ils ne comprennent pas. Visuellement, la mise en scène est d'une précision chirurgicale, et les effets pratiques conservent une texture organique que le numérique a parfois du mal à égaler.
C'est clairement un classique qui a posé les bases de la science-fiction horrifique. Même si le rythme peut paraître un peu lent au démarrage pour certains standards actuels, cette lenteur est essentielle pour construire l'angoisse. Un excellent moment de cinéma que je reverrai avec plaisir.