Franchement, c’est assez dingue de voir ce que Sam Raimi a réussi à faire avec si peu de moyens. On sent une énergie brute derrière la caméra qui manque à beaucoup de productions actuelles. Le concept du huis clos dans cette cabane isolée reste d'une efficacité redoutable pour instaurer une ambiance pesante dès les premières minutes.
Ce qui frappe le plus, c’est l’inventivité de la mise en scène. Les mouvements de caméra "poursuite" à travers les bois sont devenus cultes et donnent vraiment l'impression d'une force invisible et inarrêtable. Côté effets spéciaux, même si on voit que c’est du bricolage et du maquillage à l'ancienne, la générosité visuelle est totale. C'est gore, c'est outrancier, et ça assume son côté grand-guignol sans jamais faiblir.
Bruce Campbell est déjà excellent dans le rôle d'Ash, passant de la victime terrifiée au survivant déterminé. Le film parvient à équilibrer l'horreur pure avec une tension presque hystérique qui rend le visionnage assez intense. C’est un pilier du cinéma d'horreur qui n'a rien perdu de sa hargne. Un vrai tour de force technique et artistique.