Honnêtement, je reste assez partagé sur l'expérience. C'est un classique du cinéma yougoslave des années 60, et ça se sent tout de suite avec cette esthétique très brute, presque documentaire, qui nous plonge dans le quotidien des ramasseurs de plumes en Voïvodine. L'ambiance est vraiment pesante, imprégnée d'une mélancolie slave et de musiques traditionnelles qui occupent une place centrale dans le récit. D'un côté, on ne peut pas nier la force visuelle de certaines séquences, comme ces plumes blanches qui s'envolent partout, symbolisant une liberté précaire et malmenée. L'acteur principal dégage une intensité indéniable à l'écran.
Mais d'un autre côté, j'ai trouvé le temps assez long. Le récit manque de fluidité et s'éparpille souvent dans des querelles de voisinage ou des trafics qui finissent par lasser. On comprend bien la volonté du réalisateur de montrer une réalité sociale sans aucun fard, loin des clichés, mais la noirceur constante et le rythme saccadé finissent par étouffer l'intérêt pour l'intrigue. C'est un film qui a vieilli de manière assez abrupte techniquement. Au final, c'est sûrement une œuvre importante pour l'histoire du cinéma, mais elle s'avère aujourd'hui assez difficile d'accès pour passer un moment vraiment prenant. C'est un film qui est figé dans une époque et qui ne m'a pas transporté.